Cybercriminalité : le Maroc au cœur du 3e Forum africain à Nairobi
Les travaux du troisième Forum africain sur la cybercriminalité et les preuves électroniques, organisé conjointement par l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, se sont ouverts mardi à Nairobi avec la participation du Maroc. Organisé en collaboration avec le gouvernement kényan, ce Forum, placé sous le thème « Renforcer la réponse de l’Afrique face à la cybercriminalité », ambitionne de lutter contre les nouvelles menaces liées à la criminalité en ligne et aux preuves électroniques. Il vise également à promouvoir une coopération internationale plus efficace à travers l’échange d’expériences, d’expertises et de meilleures pratiques.
La délégation marocaine prenant part à ce rendez-vous continental regroupe des représentants du tribunal pénal de Casablanca, du ministère de la Justice, de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) ainsi que de la Brigade nationale des recherches judiciaires de la Gendarmerie Royale. Cette participation illustre l’engagement ferme du Royaume dans la lutte contre la cybercriminalité aux niveaux national, africain et international.
Pionnier en la matière, le Maroc figure parmi les premiers pays à avoir adhéré à la Convention de Budapest, le premier cadre juridique international spécifiquement dédié à la lutte contre les crimes informatiques. Dans le même esprit, le Royaume a signé le deuxième protocole additionnel à cette Convention, confirmant sa volonté de renforcer la coopération juridique et technique face aux menaces numériques. Plus récemment, le Maroc a également signé à Hanoï le Traité des Nations Unies contre la cybercriminalité, marquant une nouvelle étape dans son implication pour la sécurité numérique mondiale.
Le Forum de Nairobi consacre plusieurs ateliers thématiques à des questions majeures liées à la cybercriminalité et à la gestion des preuves électroniques. Les participants s’intéresseront notamment à l’examen des législations africaines et à leur alignement sur les normes internationales, en mettant en lumière les synergies entre le nouveau traité des Nations Unies sur la cybercriminalité et la Convention de Budapest. Le programme inclut aussi un panorama des tendances et menaces émergentes, notamment le suivi des flux financiers illicites et des actifs virtuels, ainsi que le rôle des décideurs politiques et des législateurs dans la réponse à ces défis.
D’autres ateliers traiteront de l’impact de l’intelligence artificielle sur la cybercriminalité, des méthodes de collecte et d’exploitation des preuves électroniques, du renforcement durable des capacités et de la formation, des politiques et stratégies de cybersécurité, ainsi que des attaques par ransomware et des outils d’enquête. Le Forum abordera également la question de la cybercriminalité sous l’angle des droits humains, en particulier la liberté d’expression et son traitement juridique dans le contexte africain.