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Liban : Au moins 28 morts dans l’explosion d’un camion-citerne

Au moins 28 personnes ont été tuées dans l’explosion d’un camion-citerne dans la région d’Akkar, au nord du Liban, selon un nouveau bilan communiqué à l’AFP par le ministère de la Santé. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, non vérifiées par l’AFP, montraient un incendie faisant rage sur le site de la déflagration.

Le Liban, confronté à une très grave crise économique, fait face depuis des mois à des pénuries de carburant qui affectent l’approvisionnement en biens de première nécessité.

Des manifestants en colère ont bloqué jeudi plusieurs routes dans le pays, au lendemain d’une décision de la Banque du Liban s’apparentant à une levée des subventions sur les carburants.

L’armée s’est déployée samedi dans des stations-service, où des queues interminables se sont formées. Des camions de distribution de carburant ont été pris d’assaut dans certaines régions par des citoyens en colère, selon des médias locaux. L’armée a indiqué samedi avoir saisi des milliers de litres d’essence et de diesel mis de côté par les distributeurs.

Des bagarres entre habitants

L’armée a indiqué dans un communiqué dimanche, qu’une citerne de carburant qu’elle « avait confisquée pour distribuer (son contenu) aux citoyens » avait explosé peu avant 2h locales (23H00 GMT) dans la région du Akkar, dans l’extrême nord du pays, faisant état de militaires parmi les dizaines de blessés.

L’explosion, qui avive le souvenir de celle du port de Beyrouth le 4 août 2020 (plus de 200 morts), intervient alors que l’armée s’était déployée samedi dans des stations-service pour y stopper le stockage de carburant à des fins spéculatives, après la récente annonce par la Banque centrale d’une levée des subventions sur les carburants.

Parmi les victimes figurent des civils qui attendaient de pouvoir s’approvisionner en essence. L’explosion aurait eu lieu, selon l’Agence nationale d’information (ANI), après des bagarres entre des habitants qui s’étaient attroupés pour se procurer de l’essence.

À l’hôpital Geitawi à Beyrouth, où neuf personnes brûlées dont trois dans un état critique ont été transportées, des familles des blessés attendaient, consternés, des nouvelles de leurs proches. « Que vais-je dire à ma soeur », criait un homme en treillis militaire à l’entrée des Urgences, dont le beau-frère est toujours porté disparu et le frère hospitalisé.

« Cadavres carbonisés »

Excédés par cet énième drame dans un pays à la dérive, des habitants du Akkar ont incendié une maison vacante qui appartiendrait au propriétaire du terrain où a eu lieu l’explosion, selon l’ANI.

Le président Michel Aoun a appelé à une enquête sur l’explosion et tenu une réunion d’urgence du Haut conseil de la défense, selon son bureau.

Selon un communiqué, il a été convenu de fournir du diesel aux hôpitaux afin qu’ils puissent alimenter leurs générateurs. Le Haut conseil de la défense a en outre appelé le gouvernement à confier aux forces de sécurité la supervision du stockage et de la distribution de carburants afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

Le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a ordonné à tous les hôpitaux « d’accueillir les blessés (…) aux frais du ministère ». Il a aussi affirmé être en contact avec plusieurs pays, notamment la Turquie, le Koweït et la Jordanie, pour y transporter des victimes atteintes de brûlures graves.

La Russie a appelé à une « enquête minutieuse » sur l’explosion et la Jordanie a exhorté à un « plan global » à même de remettre le Liban sur les rails.

Dimanche, des images de scènes d’horreur inondaient les réseaux sociaux. Au moins sept corps et des dizaines de personnes brûlées ont été transférés dans un hôpital du Akkar, a indiqué un employé, Yassine Metlej. Mais « les cadavres sont tellement carbonisés qu’on ne peut pas les identifier », a-t-il dit à l’AFP. « Certains n’ont plus de visage, d’autres plus de bras ».

L’hôpital a dû refuser la plupart des blessés car il n’est pas équipé pour soigner les grands brûlés, a-t-il ajouté. Certaines victimes ont été emmenées à 25 kilomètres de là, à l’hôpital Al-Salam de Tripoli, le seul de la région équipé pour prendre en charge des personnes grièvement brûlées.

 

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